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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/70

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les drames du nouveau-monde



sur ses jambes : il retomba et continua ses doléances.

— Enfin ! tu ne veux donc pas me reconnaître, Caton ? demanda le jeune lieutenant qui ne pût s’empêcher de sourire.

— Ciel ! bon Dieu ! n’êtes-vous pas un Indien, massa Canfield ? balbutia-t-il enfin, les genoux tremblants de terreur.

— Tu peux le voir, il me semble ; ai-je l’air d’un sauvage ?

— Ah ! bien ! je parierais que c’est vous, après tout ! reprit le nègre avec un peu plus d’assurance ; ciel ! bon Dieu ! je n’ai point peur ! ajouta-t-il en se redressant tout à coup avec fierté ; est-ce que vous croiriez que Caton a peur, massa Canfield ?

— On pourrait prouver ta couardise insigne sans trop de peine.

Le moricaud ouvrit de grands yeux comme s’il n’eût pas compris.

— Alors, vous croyez pas moi sans peur et sans crainte ?

— Pourquoi as-tu bâti cet étrange édifice ?

— Pour moi mettre à l’abri de la pluie.

— Il n’est pas tombé une goutte d’eau depuis plusieurs jours.