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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/65

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noircies, ces ruines couvertes de cendres, offraient un lamentable spectacle, lugubre et solennel comme celui d’une tombe. C’était l’exagération du silence et de la solitude au milieu du désert solitaire et silencieux.

Pendant que le brasier funèbre dévorait en grondant sa pâture composée de l’habitation et des habitants plus d’un chasseur isolé, prêtant l’oreille aux crépitements de la flamme, s’arrêta tout ému pour contempler le tourbillon embrasé dont les brûlantes spirales allaient empourprer les nuages ; plus d’une bête fauve, aiguisant ses ongles sur le bord de son repaire, flaira de loin cette atmosphère étouffante et s’enfuit affolée de terreur, après avoir reconnu le feu et les Shawnees, ses ennemis mortels.

Le lieutenant Canfield avait aperçu de fort loin l’incendie, sans en soupçonner nullement la cause. Ce ne fut que que plusieurs heures après, qu’en rencontrant Oonomoo, il apprit le désastre dont ses amis avaient été frappés.

Aussitôt, il s’était mis en route pour visiter le théâtre du désastre, sans savoir ce qu’il pourrait faire, mais résolu aux dernières extrémités pour sauver celle qu’il aimait.