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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/64

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les drames du nouveau-monde

CHAPITRE IV

canfield et caton

Les sombres lueurs de l’incendie qu’allumèrent les Shawnees à la résidence de la famille Prescott furent aperçues d’une grande distance : pendant que les bois s’illuminaient de longues traînées fulgurantes, le ciel couronnait d’une auréole rouge le théâtre du sinistre ; dans chaque nuage qui s’empourprait au reflet de la flamme, on aurait cru voir la tête monstrueuse de quelque Esprit de l’air, dardant sur les incendiaires un œil sanglant et farouche.

Tout autour du brasier, les arbres calcinés avaient tordu leurs branches qui étaient restées dans des poses convulsives comme les bras raidis d’un agonisant. Toutes ces écorces recoquillées, ces troncs fendus jusqu’au cœur, ces pierres