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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/63

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après de longs ricochets sur l’eau, alla se perdre sur la rive opposée dans les buissons.

Les Shawnees se tinrent pendant quelques secondes en observation, espérant avoir tué leur invisible adversaire.

Mais, bientôt, s’apercevant que la barque redoublait de rapidité, ils se répandirent en hurlements frénétiques et recommencèrent la fusillade.

À ce bruit accoururent d’autres guerriers ; plusieurs se lancèrent à l’eau pour poursuivre le fugitif.

Mais alors, Oonomoo se dressa hardiment, saisit sa longue pagaie et fit voler l’esquif comme une flèche.

En deux ou trois élans il atteignit la rive opposée, bondit hors du canot que, d’un coup de pied, il fit sombrer, puis, se retournant contre ses adversaires stupéfaits, il leur envoya un retentissant éclat de rire et disparut dans les profondeurs des bois.

Au coucher du soleil, l’agile Indien avait gagné un territoire éloigné de cinq ou six milles dans la direction de l’ouest.