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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/58

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les drames du nouveau-monde



au vigilant Indien la présence du danger.

Son canot était exactement à la place même où il l’avait laissé avant son entrevue avec Hans Vanderbum. Pas une feuille, pas un rameau n’avaient été dérangés tout alentour. Le léger esquif était bien là, demi-échoué sur le sable, arrêté par une corde de lianes entrelacées.

Sur le banc intérieur il y avait toujours la longue pagaie indienne couchée le long du plat-bord.

Mais, précisément, ce dernier objet avait imperceptiblement changé de place ; un de ses bouts dépassait un peu l’avant du canot. Ce n’était pas ainsi qu’Oonomoo l’avait rangé. Quelqu’un y avait donc mis la main.

Quelqu’un… c’est l’inconnu ! or, l’inconnu, au désert, c’est l’ennemi. L’ennemi… ce ne pouvait être qu’un Shawnee.

La pénétrante logique du Huron n’était point en défaut : restait à savoir en quel endroit étaient cachés ses adversaires.

Il observa et écouta pendant quelques minutes avec une attention profonde : il n’y avait personne entre lui et la rivière.

Alors son plan fut bientôt fait. Il lui aurait été