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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/23

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Le poisson mordait à ravir ; en moins d’une heure il eût réalisé une pêche qui lui assurait bonne réception au logis. Quand il se vit ainsi approvisionné, il s’aperçut aussi que son tabac s’était mouillé dans la rivière ; cela lui donna des velléités de regagner le wigwam.

À cet instant, un morceau d’écorce flottant vint se heurter contre sa ligne : il la dégagea sans accorder aucune attention à cet incident qui n’avait, du reste, rien que de très-naturel en apparence.

Mais une minute après, un second, puis un troisième morceau vinrent encombrer sa ligne : il en conclut que c’était encore quelque méchante plaisanterie dont il était victime.

— Tonnerre et éclairs ! grommela-t-il en inspectant les alentours ; que prétendent-ils faire ? Ce sont encore ces fainéants de Shawnees qui veulent me troubler !

Cependant, ses recherches n’amenèrent aucune découverte de nature à confirmer cette supposition. Alors il reporta son attention sur sa ligne, et la vit entourée d’une flotille de morceaux d’écorce, tous taillés dans la forme des canots indiens.