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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/223

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chacun put remarquer que le livre était troué par une balle, et plein de sang.

L’homme de Dieu l’ouvrit d’une main tremblante et lut le passage de l’épître aux Corinthiens par l’apôtre saint Paul, où il est parlé en termes sublimes de la résurrection triomphante des justes au dernier jour.

Quand la voix émue du missionnaire prononça ces dernières paroles ; « ô mort ! où est ton dard ? ô tombe ! où est ta victoire ? »

Les mains, jusques là unies, d’Oonomoo et de Flwellina, se séparèrent ; soutenus comme par une force surnaturelle tous deux se redressèrent assis, ouvrant les yeux d’une manière étrange et regardant le ciel.

Puis les deux corps retombèrent… Tout était fini.

Après un long et solennel silence, le missionnaire se pencha sur les dépouilles inanimées de ses deux plus chers disciples, et leur donna un baiser d’adieu ; ensuite il étendit une couverture sur les corps et y déposa une croix rustique faite de roseaux.

Niniotan était toujours là, immobile et muet, les bras croisés sur sa poitrine comme pour y