Ouvrir le menu principal

Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/219

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
219
rayon-de-soleil



forçant d’imiter la fermeté stoïque des guerriers de sa race, et d’enfermer sous un visage d’airain les cruelles angoisses qui déchiraient son cœur. Mais le pauvre enfant ne pouvait suffire à cette cruelle tâche ; de douloureuses convulsions soulevaient sa poitrine, une rosée brûlante jaillissait de ses yeux demi-fermés, et ses lèvres tremblaient, retenant à peine les sanglots qui lui gonflaient le cœur.

Oonomoo, étendu sur le flanc, respirait avec peine ; sur son visage erraient déjà les teintes livides de l’agonie : Flwellina haletait, la bouche entrouverte, comme si l’air lui eût manqué. Tous deux étaient baignés du sang qui avait coulé de leurs blessures.

Canfield, couvert de la sueur froide du désespoir, avait pris Oonomoo dans ses bras, et cherchait à le soulager par des ablutions d’eau pure et fraiche.

Le missionnaire avait relevé Flwellina et, aidé du capitaine Prescott, lui prodiguait les mêmes soins. La jeune femme ouvrit les yeux :

— Père ! murmura-t-elle en reconnaissant l’homme de Dieu, je suis heureuse de vous voir. Oonomoo et moi nous allons mourir, vous