Ouvrir le menu principal

Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/218

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
218
les drames du nouveau-monde



des pistolets avec lesquels ils abattirent encore quelques Shawnees.

Les sauvages survivants prirent la fuite avec une rapidité telle qu’il fut impossible d’en faire aucun prisonnier : mais ils laissaient sur le champ de bataille les quatre cinquièmes de leur troupe : ils avaient combattu quarante contre deux, et encore ils avaient été vaincus ! ce fut une journée néfaste dont on se souvint longtemps au village des Shawnees.

Le capitaine Prescott, Canfield et leurs hommes entourèrent aussitôt Oonomoo et Flwellina. Parmi eux se trouvait le Révérend Eckman, missionnaire Morave qui s’était joint à eux dans leur trajet : c’était lui qui avait donné à Flwellina sa première éducation chrétienne, lui qui avait béni son mariage avec le Huron : il portait à ce digne couple une affection toute paternelle.

Les yeux pleins de grosses larmes, le vieillard s’agenouilla auprès des deux victimes et fit ses efforts pour relever leurs têtes, leur donner quelque soulagement s’il était temps encore.

Niniotan n’était pas blessé ; il se tenait debout, froid et rigide comme une statue de marbre, s’ef-