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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/216

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les drames du nouveau-monde



encore debout, mais chancelant. Un voile de sang ruisselait sur ses yeux ; à ses pieds, Flwellina atteinte aussi de plusieurs balles, était étendue sur le sol rouge et humide.

Les Shawnees restèrent immobiles, effarés, attendant en silence le moment où tomberait le guerrier assassiné mais non vaincu.

Oonomoo passa une main sur son visage et essuya ses paupières déjà appesanties par l’agonie. Dès que ses yeux purent distinguer quelque chose, ils cherchèrent sa femme et la virent gisante.

Alors une expression surhumaine illumina ce visage foudroyé ; les regards du mourant se levèrent au ciel comme pour répondre à un appel chéri, ou pour donner un rendez-vous suprême.

Ensuite il s’affaissa lentement, sans tomber ; d’abord sur les genoux, ensuite sur les mains ; puis, par un dernier effort, il s’étendit doucement auprès de Flwellina ; et ses bras s’enlacèrent autour d’elle afin de la protéger jusqu’au delà de la mort.

Son fier visage toujours noble et calme, souriait de ce dernier sourire que Dieu donne aux justes et aux forts.