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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/202

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les drames du nouveau-monde



ne s’étaient pas écoulées depuis votre départ lorsque le général m’a envoyé l’ordre de changer de garnison pour venir m’installer au Block-House du settlement où se trouvaient ma femme et ma fille en ce moment. Je n’ai été nullement fâché de recevoir cet ordre ; et je suppose qu’il n’a rien de déplaisant pour vous, n’est-ce pas, lieutenant ?

— Ah ! certes, rien ne pouvait m’être plus agréable, répliqua le galant officier qui ne put s’empêcher de rougir en se voyant le point de mire de tous les regards.

— Enchanté de vous trouver de mon avis ! enchanté vraiment ! Alors, sir, vous comprenez, je suis parti au plus vite, doublant, triplant les étapes pour vous atteindre : mais bast ! j’aurais eu plus de succès si j’avais couru après mon ombre ! les amoureux ne marchent pas, ils volent. Je suis arrivé hier au settlement : en entrant, je reçois à bout portant cette nouvelle que ma maison est incendiée, et que ma douce petite Mary est prisonnière ou tuée… Cela m’a fait bien du mal, ajouta le capitaine après avoir gardé un instant le silence, j’ai cru que j’en perdrais la tête. D’autant mieux qu’on ne pouvait douter de ce désastre ;