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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/20

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les drames du nouveau-monde



ment d’un oiseau se fit entendre une douzaine de fois dans la forêt : le gros Hollandais ne remarqua même pas que ce cri semblait l’accompagner de près, jusqu’au bord de la rivière.

Enfin, il ne s’aperçut en aucune façon des regards curieux que lui jetaient Les Indiens ; et il se rendit jusqu’au rivage de son pas lourd et calme, sans retourner la tête, sans cligner de l’œil.

Arrivé à son poste de pêche, il procéda méticuleusement aux préparatifs les plus longs et les plus minutieux. Déployant sa ligne à plusieurs hameçons, il les amorça de vers sur lesquels il crachotta — pour les calmer — durant toute l’opération. Ensuite il attacha un petit caillou au bout de la ligne, la fit tournoyer comme une fronde autour de sa tête, et la lança fort adroitement dans l’eau.

Pour mieux la suivre, il se plaça sur un gros arbre dont le tronc surplombait d’une douzaine de pieds le courant de la rivière ; ce rustique observatoire était sa place favorite. Au bout, se trouvait une espèce de siège formé par trois branches : là, le placide Hollandais avait passé d’heureuses heures à méditer au milieu des nuages de fumée dont il s’enveloppait.