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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/197

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— Je vous dirai plus tard : — pour le moment, allons vite ! allons vite ! ! arrivons au settlement le plus tôt possible. Prenons la jeune fille par la main pour la conduire plus vite.

Le jeune officier commença dès ce moment à soupçonner une partie de la vérité, mais n’osant faire aucune question, il se hâta d’obéir, prit la main de miss Prescott, et l’entraîna le plus rapidement qu’il pût.

Il ne comprenait pas la cause du silence gardé par le Huron : il ne soupçonnait point que ce noble cœur se taisait pour n’être point sollicité par ses amis, de les quitter en toute hâte, et de courir où son cœur l’appelait.

L’indien ne voulait pas abandonner ses protégés jusqu’à ce qu’il les eût mis en sûreté.

Pendant huit heures on marcha avec une précipitation désespérée : miss Prescott supportait cette épreuve mieux qu’on n’aurait pu l’espérer : Forte, pleine de courage, accoutumée aux courses et à la fatigue par ses habitudes de jeunesse, elle se faisait un jeu de courir à travers bois, surtout en songeant qu’elle fuyait la captivité. Son sang généreux bouillait dans ses veines, l’élastique vigueur de la santé, l’animation d’un bonheur ines-