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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/174

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les drames du nouveau-monde



qui le rassurât sur l’issue des événements. Positivement, la machine céleste lui paraissait détraquée, et la nuit lui faisait l’effet d’être indéfiniment ajournée.

Cependant, la terre, — pour laquelle toutes les créatures fourmillant sur son sein et leurs passions petites ou grandes sont des atomes bien légers, — la terre tournait comme d’habitude, et avec elle le crépuscule ainsi que la nuit. Peu à peu, de pourpre, l’atmosphère devint grise ; de grise, bleu sombre, ensuite obscure ; et chacun songea au repos.

Quanonshet et Madokawandock furent les premiers embarqués sur le « fleuve des songes. » Se jeter par terre, s’y rouler en rond comme de petits chiens et s’endormir, fut pour eux l’affaire d’un instant.

Hans Vanderbum, de son côté, pour accélérer les événements, fit semblant de s’assoupir aussi, mais il ne dormait que d’un œil, et ne cessait de guetter chaque mouvement de sa femme.

Décidément la chance tournait en faveur de Vanderbum ; au bout de quelques instants, la squaw parût abasourdie, somnolente ; après avoir erré au hasard en baillant, elle s’assit contre la