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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/16

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les drames du nouveau-monde



répondre ; ils restèrent en contemplation, hochant la tête et regardant leurs pieds nus.

— Une dernière fois, qui est-ce ?

Ils se mirent à parler à la fois, protestant chacun de leur innocence. Vanderbum, sans délibérer plus longtemps, opina que tous deux étaient coupables ; en conséquence, il se mit à les fustiger avec son bâton de maître d’école. Les petits démons s’enfuirent en hurlant et disparurent dans la cabane.

— L’écume de mer ne peut se raccommoder, murmura Hans en roulant entre deux doigts le tuyau solitaire qui était resté à ses lèvres ; non, rien ne me la rendra bonne au service. N’est-ce pas effrayant de voir tant de malice dans ces deux enfants ?… Jamais !… Jamais, rien de bon en eux ! Affreux polissons ! Ils me feront tourner la cervelle, avant de m’avoir fait mourir de chagrin !

Madame Vanderbum avait pour péché mignon l’habitude de sacrifier aussi au dieu Tabac. C’était pour son époux une fiche de consolation ; en effet, rentrant au wigwam, il lui fit ses doléances, et reçut en cadeau la propre pipe de sa ménagère.

— J’espère qu’il n’y a pas de poudre, dedans ?