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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/138

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les drames du nouveau-monde

— Venez ici, nous vous attendons, sans avoir rien à craindre des Miamis.

Le jeune officier accourut, et peu d’instants après, les deux canots étaient en partance au pied du rocher. Dans le premier étaient quatre Miamis ; dans le second, Oonomoo et Heïgon, ce dernier tenant la rame.

Les deux embarcations remontèrent le courant jusqu’à un petit promontoire auprès duquel elles arrivèrent en même temps que Canfield.

— Comment va frère ? demanda le chef des Miamis en lui tendant la main.

L’officier échangea la même formalité avec les cinq étrangers, après quoi les Sauvages sautèrent à terre et s’installèrent gravement en rond pour fumer le calumet de paix : l’instrument pacifique passa de bouche en bouche, et chacun en tira à son tour des bouffées solennelles.

Cette cérémonie passablement insipide pour Canfield dura près d’une heure : le jeune homme bouillait d’impatience et ne savait quelle contenance tenir. Une seule et unique affaire le préoccupait, le salut de sa chère Mary ; il ne pouvait concevoir qu’aucune autre pensée pût intéresser âme qui vive, et se sentait indigné contre Oono-