Ouvrir le menu principal

Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/127

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
127
rayon-de-soleil



celui-ci mettait à les énoncer. Incontestablement c’était un voisinage assez désobligeant que celui des sanguinaires Miamis. Il fit part à Oonomoo de ses impressions.

— N’ayez donc pas peur ! ils ne viendront pas par ici, et pas un de vos cheveux ne sera touché, répondit imperturbablement le Huron.

Il fallait bien se contenter de cette assurance, car il n’y avait guère moyen de faire autrement ; Canfield garda donc le silence en continuant de dévorer le canot des yeux.

Bientôt l’embarcation changea encore une fois de route, et gouverna droit vers le rocher. Saisi d’une nouvelle anxiété, le jeune officier regarda son compagnon : mais le visage de ce dernier était froid et rigide comme celui d’une statue ; le Lieutenant déterminé à ne céder à aucune crainte puérile, resta muet et ne bougea plus.

Arrivés à la hauteur du rocher, les Miamis firent halte un moment, regagnèrent le milieu de la rivière et prirent terre à environ cent pas des deux voyageurs ; puis ils disparurent.

Après avoir attendu près de deux heures, épiant et écoutant avec une patience féline, le Huron n’entendant et n’apercevant plus rien se