Ouvrir le menu principal

Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/125

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
125
rayon-de-soleil



distance. Canfield promena à la hâte ses regards autour de lui pour se convaincre de la solitude absolue dans laquelle ils étaient : il n’aperçut et n’entendit rien.

Cependant, plein de la plus profonde déférence pour son guide, il garda un silence absolu ; et, comme lui, se mit à faire des pas de fantôme.

Ils arrivèrent ainsi sur la lisière du bois, au bord de la rivière : le Huron, qui marchait le premier, s’arrêta brusquement et fit un mouvement en arrière.

— Qu’y a-t-il donc ? murmura Canfield.

— Chut ! les Shawnees !

— Où ? sur le rocher ?

Le Huron désigna la rive opposée du Miami.

— Là bas, sur le bord : peut-être ils vont traverser.

Canfield fut stupéfait de la clairvoyance avec laquelle Oonomoo avait découvert à une aussi grande distance des ennemis presque invisibles. Il ne put résîster au désir de le questionner à ce sujet.

— Regardez donc sur l’eau, voyez le canot !

— Ce n’est pas le vôtre ?

— Non, il est leur : — les voilà qui se préparent à venir de ce côté.