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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/12

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les drames du nouveau-monde



déterminé à ce labeur ne purent jamais être bien éclaircis.

Peut-être son aimable épouse, madame Keewaygooshturkumkankingewock, aurait fourni des renseignements utiles sur ce point. Mais elle était aussi discrète que revêche.

Un beau jour, Hans Vanderbum avait été fait prisonnier, puis adopté par la tribu des Shawnees : l’Indienne, alors veuve, sentit son cœur répondre à celui du gros et jovial Hollandais, elle accepta sa main. Dans ce mariage, elle avait continué ses habitudes de ménage ; elle n’avait jamais songé à trouver un phénix en la personne épaisse et ventrue de ce gros Visage Pâle ; mais elle y avait deviné un maître doux et facile qu’elle gouvernerait à son gré.

Et elle ne s’était pas trompée.

Hans Vanderbum se leva et jeta à son épouse un coup d’œil de tourtereau, admirant d’un air dévot la manière dont elle préparait le déjeuner. Puis, dans le but d’amollir ce cœur si important à gagner, il se mit à murmurer des choses flatteuses pour elle, feignant de parler bas pour qu’elle ne l’entendît pas, mais prenant bien soin qu’elle ne perdit pas une syllabe.