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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/118

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les drames du nouveau-monde



rances que nous avons, mais n’exagère rien : dis leur d’avoir bon courage, et annonce-leur que, sous peu, elles auront de mes nouvelles ou de celles d’Oonomoo.

Ce petit speech du Lieutenant produisit l’effet désiré : le nègre se voyant contraint d’opter entre deux périls, choisit naturellement le moindre :

— Tout bien considéré, bredouilla-t-il, il est plus convenable que j’aille au Settlement porter des nouvelles à nos gens. Ce n’est pas la frayeur qui me fait agir, mais bien l’avis du Lieutenant.

En conséquence il se mit en route, non sans de terribles frayeurs ; nos deux amis le suivirent des yeux, trébuchant dans les broussailles, jusqu’à ce qu’il eût disparu dans la profondeur de la forêt.

Alors le Huron donna le signal du départ ; prenant la direction du nord, il prit une allure si rapide que le jeune officier fut obligé de courir par instants pour lui tenir pied. Ils marchèrent ainsi pendant près d’une heure : tout-à-coup le Huron s’arrêta.

— Aller vite, ça fait souffler vite, dit-il, les yeux brillants.