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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/116

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les drames du nouveau-monde



qu’un coussin ; — ça aurait fait un gentil scalp pour un Shawnee, continua-t-il en relevant les mèches crépues et ébourriffées de Caton.

— Dieu me bénisse ! j’espère bien que mes cheveux ne me quitteront jamais pour pareille chose ! je ne les destine pas à ça !

Cependant la nuit était venue, et, au grand plaisir de Canfield, la lune, dégagée des sombres nuages qui jusque-là avaient obscurci le ciel, commençait à remplacer le jour, en illuminant les bois et la plaine de ses blancs rayons. Dans l’azur profond, au travers des étoiles, flottaient encore quelques vapeurs transparentes qu’emportait le vent capricieux : tout était calme et silencieux dans l’air et dans la forêt.

— Quand irons-nous au village des Shawnees ? demanda le Lieutenant.

— Tout de suite, répliqua le Huron.

— Eh bien ! qu’attendons-nous ? partons !

— Caton vient-il avec nous ?

— J’y pensais justement, Oonomoo ; si vous regardez comme imprudent de le mener, il restera ici.

— J’espère bien que vous n’allez pas me laisser ici tout seul ! observa Caton effaré.