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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/115

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— Quand le fusil a fait feu, tout-à-l’heure, quelque chose a sifflé à mon oreille, j’en ai senti le vent.

— Imbécile ! tu n’as pas la moindre égratignure. Mais, dites-moi Oonomoo, reprit le jeune homme d’un ton sérieux, vous m’avez sauvé la vie, touchez là, je ne serai content que lorsque je vous aurai donné une bonne poignée de main.

Le Huron tendit sa main, mais sans empressement, à l’étreinte chaleureuse du jeune homme ; évidemment ces remerciements réitérés le contrariaient. Il ne dit pas un mot, jusqu’à ce que le jubilant Caton se fût mis de la partie avec des gambades excentriques.

— N’y faites donc pas attention ! murmura Oonomoo ; ce n’est rien, ça ! rien !

— Ciel ! Bon Dieu ! s’écria le nègre ; il appelle ça rien ! Si vous n’étiez pas venu, comme vous l’avez fait, à point nommé, j’aurais été rudement pourchassé par les Indiens, sans avoir aucun secours de personne, et quelles blessures j’aurais reçues !

— La tête dure de Caton ne peut pas être blessée, répondit le Huron en passant sa main sur l’exubérante chevelure du nègre plus élastique