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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/109

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ne pas en voir s’augmenter le nombre. Il s’arrête longuement à contempler les chevelures des deux chefs que son père a tués il y a quelques années, et le désir de conquérir un trophée semblable le dévore.

— Flwellina a-t-elle toujours pour se nourrir le gibier le plus délicat de nos forêts ? demanda Oonomoo en détournant la conversation.

— Oui : l’œil de Niniotan est sûr ; sa mère ne manque de rien.

— Il ne faut pas qu’il s’éloigne de l’Île ; les jeunes bras seraient trop faibles contre les Shawnees ou les Miamis. Ils reconnaîtraient le fils d’Oonomoo, et le coup qui atteindrait l’enfant tuerait aussi le père et la mère.

— Flwellina n’a que trois amours, — Oonomoo, Niniotan et le Grand-Esprit qui est si bon pour elle !

— Oonomoo l’aime aussi, répondit le Huron d’une voix douce et grave : dans les régions des chasses heureuses, au-dessus du soleil, lui, Flwellina et Niniotan vivront ensemble, au milieu d’une île verdoyante, couverte de forêts, où le buffle et le daim erreront par milliers.

— Et où Delaware, Mingo, Chippewa, Miami,