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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/10

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les drames du nouveau-monde



mentez ainsi vos parents. Vous mériteriez d’être réduits en morceaux, pour avoir si fort manqué de respect à votre pauvre vieux père qui se brûle le sang pour vous. Eh ! à quoi pensez-vous ? Eh ! qu’y a-t-il dans vos méchantes cervelles ? demanda le père avec des branlements de tête furibonds.

Quanonshet et Madukawandock jugèrent prudent de ne rien répondre.

— Vous rendrez fou votre pauvre père ! petits démons ! lui qui dessèche pour vous sa peau et ses os ! poursuivit le Hollandais en faisant trémousser à chaque syllabe ses quatre mentons, ses joues cramoisies, et son ventre proéminent : Keewaygooshturkumkankingewock, ma chère, votre déjeûner est-il prêt ?

— Non ! grommela la ménagère d’un ton bourru ; levez-vous, et faites quelque chose ! gros fainéant graisseux ! vous ne savez que dormir et fumer, pendant que je répands toute la sueur de mon malheureux corps à prendre soin de vous.

Cette gracieuse réponse, quoique faite en idiome Shawnee, devenait parfaitement intelligible, grâce à la pantomime qui l’accompagnait.

Du reste, le calme parfait avec lequel Hans