Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/41

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LE CORSAIRE

CHAPITRE Ier

DANS LEQUEL LE LECTEUR FAIT CONNAISSANCE
AVEC LE HÉROS DE CETTE HISTOIRE.


La baie ou plutôt la mer de Cadix, comme on la nomme le plus souvent, est unique dans le monde.

On ne saurait rendre l’aspect pittoresque des nombreux ports disséminés sur son parcours, et dont les maisons blanches, escaladant sans ordre apparent les pentes boisées des collines, sont à demi enfouies sous des fouillis de verdure.

Le ciel d’un bleu vif, la mer d’un azur plus tendre, le soleil dont les rayons ardents piquent un diamant à la pointe de chaque brin d’herbe et de chaque lame, et impriment une teinte chaude au paysage à la fois simple et grandiose ; Puerto-Real, Rota, Puerto-Santa-Maria, aux allures moresques ; Cadix, l’immense vaisseau de pierres, à l’ancre à l’extrémité de l’ile de Léon, avec ses nombreux établissements maritimes et ses formidables travaux de défense ; tous ces points lumineux de l’harmonieux contour de cette baie immense, attirent et saisissent le regard, comme un rêve des Mille et une nuits ; rien de plus séduisant ni de plus enchanteur ; ce n’est déjà plus l’Europe, et pourtant ce n’est pas encore l’Afrique !

C’est surtout quand on arrive du large que l’as-