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mal chez eux qui s’en vont chez les autres pour essayer d’être mieux : les Français ne sont pas dans ce cas.

La maison de don Diego Quiros, ainsi que l’avait annoncé Fernan Nuñez à Olivier, n’était qu’à quelques pas de l’endroit ou la baleinière avait abordé les deux hommes y arrivèrent en deux ou trois minutes.

La grille était ouverte : ils entrèrent.

Seulement, une fois dans le patio, ils se séparèrent.

Fernan Nuñez, craignant d’être grondé par doña Dolorès pour avoir amené le capitaine d’aussi bonne heure, prétexta de ses nombreuses occupations pour s’éclipser au plus vite.

De son côté, Olivier feignit de prendre ces prétextes au sérieux et ne fit rien pour le retenir.

Dès qu’il fut seul, il se dirigea résolûment vers la huerta, où un secret pressentiment lui disait qu’il rencontrerait doña Dolorès c’était surtout elle qu’il désirait voir.

Autant que le capitaine pouvait en juger à première vue, cette maison était véritablement une délicieuse demeure ; elle disparaissait presque sous la verdure qui l’enveloppait de toutes parts, et cependant l’air y circulait à profusion.

La huerta surtout était un chef-d’œuvre.

Les Hispano-Américains sont passés maîtres dans la disposition des jardins ; cette fois l’architecte, ou, pour mieux dire, le dessinateur s’était surpassé.

Ce n’était partout que massifs de hautes futaies, allées ombreuses, bosquets mystérieux, fraîches grottes enfouies sous les plantes grimpantes ; et,