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— Ainsi, capitaine, vous savez maintenant tout ce que vous désiriez savoir ? dit le Péruvien en vidant son verre et le reposant sur la table.

— À peu près, mon brave ami, répondit Olivier en souriant ; mais ce que j’ignore encore, demain don Diego me l’apprendra.

— Ainsi, vous acceptez l’invitation ? vous viendrez, capitaine ?

— Certainement.

— À dix heures, vous savez, capitaine ?

— À dix heures, oui, mon ami.

— Je vous demande pardon d’insister ainsi, capitaine ; mais la niña m’a bien recommandé de vous dire de ne pas manquer.

— Soyez tranquille, mon brave ami, je serai exact. C’est la niña qui vous a fait cette recommandation ?

— Oui, capitaine, au moment où je partais ; elle a même ajouté, mais je ne sais pas si je dois vous le dire ? fit-il avec hésitation.

— Bon ! Pourquoi donc ne me le diriez-vous pas, Fernan Nuñez ? à moins, cependant, que la niña ne vous ait ordonné de garder le silence ?

— Oh ! non, capitaine.

— Eh bien ! alors parlez, mon ami, je vous écoute.

– Au fait, j’aime mieux que vous le sachiez, capitaine ; la niña m’a dit en riant, vous savez comme elle est folle, pauvre chère enfant ?

— Oui, c’est vrai ; elle vous a dit ?

— Tatita ! je suis son père nourricier, vous savez ; tatita, tâchez de passer la nuit à bord du Hasard ; de cette façon, si le capitaine oubliait