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Quiros de Ayala et moi, nous étions co-propriétaires de riches mines d’argent, situées dans les Andes péruviennes, au Cerro de Pasco, à cinquante lieues de Lima. Après avoir liquidé mon association avec don Diego, comme il avait quitté l’Amérique et était retourné en Espagne, je m’arrangeai de façon à m’approprier tous ses biens, persuadé qu’il ne reviendrait jamais au Pérou ; malheureusement, je me trompais il revint. J’essayai de le faire arrêter ses amis l’avertirent, il s’enfuit, et se réfugia au Chili. Je compris alors que tant que don Diego vivrait, il ne me laisserait pas jouir paisiblement des biens dont je m’étais emparé à son détriment ; je résolus de me débarrasser de lui : c’était tout naturel, n’est-ce pas ? Tout le monde aurait fait comme moi.

— Ce n’est pas mon opinion, dit naïvement le délégué ; n’importe, continuez.

— Bah ! fit-il avec un inexprimable mouvement d’épaules, vous dites cela, mais vous ne le pensez pas. Donc, je me mis à la recherche de mon ex-associé j’eus beaucoup de peine à le découvrir : on aurait dit qu’il me sentait sur sa piste ; enfin, je le découvris près de Talca, dans une chacra nommée Santa-Rosa, dont le propriétaire lui avait offert l’hospitalité. Je m’introduisis dans la chacra je parvins jusqu’à sa chambre à coucher : il dormait ; je lui portai un coup de poignard, mais je ne voyais pas clair, le coup fut mal dirigé ; j’allais redoubler, quand je fus saisi à l’improviste par ce chien couchant de Fernan Nuñez ; celui-là, je le frappai deux fois, mais l’alarme était donnée, on accourait ; je n’eus que le temps de sauter par la fenêtre et de m’enfuir ; voilà tout ! Quel dommage