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se dirigea vers la calle San-Agustin, et entra dans le comptoir d’un riche négociant français, où il reçut le plus gracieux accueil.

Deux heures plus tard, par les soins de ce négociant, le capitaine et son domestique montaient sur d’excellents chevaux et partaient pour Santiago, capitale de la république chilienne, sous la conduite d’un guide, qui s’était engagé à leur faire franchir sans trop de danger les cinquante lieues qui séparent le port de la capitale.

Pendant toute la guerre de l’indépendance, le gouvernement chilien avait résidé à Valparaiso mais, depuis la paix, le gouvernement était venu s’installer dans la capitale.

Pendant son séjour à Santiago de Chile, Olivier fit plusieurs visites au président de la république, ainsi qu’à ses ministres ; puis il remit plusieurs lettres d’introduction dont on l’avait chargé à Talca.

Partout le capitaine reçut l’accueil le plus sympathique et le plus hospitalier ; malgré son vif désir d’abréger son voyage, par suite de lenteurs imprévues dans les bureaux des ministères auxquels il avait affaire, le séjour du capitaine à Santiago se prolongea pendant plus de trois semaines : il est vrai que ce furent trois semaines de fêtes.

Enfin il lui fut permis de repartir, après avoir pris congé du président don Ramon Freyre et du ministre de la justice le señor O’Higgins : deux hommes de génie auxquels le Chili est redevable de la prospérité dont il jouit aujourd’hui et du rang distingué qu’il occupe parmi les nations civilisées. Le capitaine fit ses adieux à ses nouveaux et déjà très-nombreux amis, et il reprit gaillardement le chemin du port.