Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/322

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


se rendit au puits où il avait jeté ses habits, et essaya de descendre au fond, mais tous ses efforts furent inutiles.

— Je n’ai rien à redouter, dit-il si je n’ai pu descendre, d’autres n’y réussiront pas plus que moi.

Le lendemain, il retourna à Talca, complétement rassuré sur les conséquences de son crime.

Cependant, le jour même de la cérémonie funèbre à la chacra, un homme s’était introduit inaperçu dans la maison de don Pablo Galvez, avait pénétré dans l’appartement d’Olivier et avait eu avec lui un long entretien, à la suite duquel tous deux étaient montés à cheval et étaient sortis de la ville.

Cet homme était Fernan Nuñez, pâle, défait, les yeux brillant d’un feu sombre, mais ferme et fort. Il portait le bras gauche en écharpe et avait une légère blessure au cou.

Vers dix heures du soir, les deux cavaliers atteignirent la chacra, dont les portes leur furent mystérieusement ouvertes.

Olivier fut introduit dans une pièce, où don Diego, sa femme et sa fille l’attendaient ; les premiers moments de cette entrevue furent tout à la joie puis, la première émotion calmée, vinrent les explications.

Elles furent longues. Don Estremo n’avait pas, ainsi qu’il le supposait, jeté son portefeuille dans le puits desséché : il lui avait été arraché pendant la lutte par Fernan Nuñez ; Olivier l’ouvrit ; il feuilleta attentivement les papiers qu’il contenait, puis il le referma et le serra avec soin.

— Voici ce que je propose, dit-il. Procéder