Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/316

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pour ces natures primesautières et, à cause de cela même, éminemment impressionnables.

Depuis une demi-heure déjà, la visite du navire continuait ; l’attention de tous les invités était complétement absorbée par les explications que donnait le capitaine, lorsque Ivon remonta sur le pont, et, s’approchant de don Joaquim Muñoz, qui depuis son arrivée à bord s’était tenu à l’écart, en proie, sans s’en rendre compte, à une inquiétude vague, Ivon le pria civilement de le suivre.

Don Joaquim obéit machinalement.

Il descendit, précédé par Ivon Lebris.

Un matelot, armé d’un fusil, se tenait à la porte de la cabine du capitaine.

Ivon ouvrit cette porte, invita don Joaquim à passer, entra derrière lui et referma la porte.

— Ah ! vous voici, dit le colonel Obregoso en se levant et faisant deux pas au devant du Péruvien ; veuillez, je vous prie, ajouta-t-il, m’accorder quelques minutes.

— Je suis à vos ordres, colonel, répondit don Joaquim.

— Venez donc, reprit-il.

Et il ouvrit la porte du salon.

Don Joaquim poussa un cri terrible, chancela et devint livide,

Il avait aperçu, étendu sur un hamac, don Diego Quiros, pâle et défait.

Doña Maria et doña Dolorès, les yeux pleins de larmes, priaient, agenouillées de chaque côté du hamac.

– Assassin ! s’écria don Diego en se dressant sur son séant et fixant sur don Joaquim un regard étincelant ; tu croyais m’avoir tué, n’est-ce pas ?