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dont l’aspect désolé inspirait la tristesse ; aujourd’hui, on m’a assuré qu’il n’en est plus ainsi ; la ville se repeuple rapidement, elle a repris une certaine importance. Dans un avenir prochain, Talca sera une des villes les plus riches de la république.

De même que les autres Chiliens, dont l’urbanité est proverbiale, les habitants de Talca sont bienveillants, polis, bons, loyaux, d’un caractère fort gai, excessivement hospitaliers, et d’une amabilité à toute épreuve.

On a peine à s’expliquer comment les Espagnols, généralement si orgueilleux, si rogues et surtout si peu sociables et si défiants, ont laissé dans leurs colonies des populations dont les mœurs, les aptitudes et le caractère sont en si complet désaccord avec eux, et qui, tout en s’assimilant leurs qualités, ont si bien su éviter leurs défauts. Ces observations critiques ont été faites par tous les étrangers, après une résidence de plusieurs années dans les anciennes colonies espagnoles ; sauf peut-être au Mexique, où les populations sont corrompues jusqu’aux moelles, toutes les dissemblances constatées entre les Espagnols et les créoles sont en faveur de ces derniers.

Les Chiliens, surtout n’ont plus avec leurs ancêtres européens de commun que la langue, et encore cette langue ils l’ont modifiée et la modifient tous les jours ; ils l’ont rendue moins âpre, plus gracieuse et plus harmonieuse, sans lui avoir rien donné, d’affecté ou d’efféminé ; cette nuance est surtout sensible.

Nos quatre voyageurs avaient rapidement mar-