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– Très-bien ! dit Ivon en se frottant les mains, et, s’adressant à Olivier, il reprit : Sais-tu où est le Hasard ?

— Il doit être, depuis deux jours, mouillé à Maule, où j’ai ordonné à Lebègue de nous attendre.

– Fort bien ; Maule, je crois, n’est qu’à quelques lieues de Talca.

– Deux lieues, tout au plus.

— Eh ! qu’est-ce que j’entends ? s’écria Ivon en se levant tout à coup et saisissant son fusil.

– C’est le galop d’un cheval, répondit Olivier ; peut-être Fernan Nuñez revient-il.

– C’est probable ; il n’y a que lui pour galoper ainsi.

Bientôt, en effet, on aperçut un cavalier accourant à toute bride.

— C’est lui s’écria Olivier.

— J’en étais sûr, dit Ivon ; mais il semble bien pressé.

Fernan Nuñez, arrivé près des deux amis, sauta à bas de son cheval, abandonnant la bride à Antoine, qui réunit l’animal à ses trois autres compagnons et lui enleva le mors afin qu’il pût prendre sa nourriture. Entre temps, Fernan Nuñez s’était approché du capitaine et l’avait salué respectueusement.

Le vieux serviteur semblait soucieux.

C’était un homme d’environ quarante-cinq ans, bien bâti, solidement charpenté, aux traits énergiques et à la physionomie douce et franche.

– Eh bien ! lui dit affectueusement Olivier, vous voici donc de retour, ami Nuñez ?

— Me voici de retour, oui, capitaine, répondit-il en s’asseyant entre les deux hommes.