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traint de lui rendre compte des sommes indûment restées entre ses mains.

Cet homme, dès qu’il fut averti de l’arrivée de don Diego au Callao, mit tout en œuvre pour lui créer des entraves, ce qui ne fut pas difficile, grâce à l’argent qu’il distribua à pleines mains aux employés et même aux membres de la Audiencia suprema.

Deux jours à peine après son entrée à Lima, don Diego Quiros fut averti de ce qui se passait par un de ses amis nommé don Estevan Carril, et de la résolution prise de l’arrêter.

Don Diego connaissait par expérience les procédés expéditifs et peu scrupuleux des autorités espagnoles ; il comprit que s’il s’obstinait à faire tête à l’orage et à demeurer à Lima, il était perdu sans recours possible : aucun agent consulaire français n’étant accrédité à Lima. D’ailleurs, y eût-il eu un consul français au Pérou, que cet agent aurait été impuissant à le protéger.

Don Diego courba la tête ; l’avenir lui appartenait s’il conservait sa liberté. Ce fut à quoi il avisa sans retard.

Selon toutes probabilités, le Pérou ne tarderait pas à être emporté, même malgré lui, dans le mouvement général qui entraînait toutes les autres colonies ; avant deux ou trois ans il chasserait les Espagnols et proclamerait son indépendance.

Ce n’était donc pour don Diego Quiros qu’une question de temps ; il avait attendu plusieurs années, il pouvait attendre encore et se préparer silencieusement pour le moment où sonnerait enfin l’heure de la justice.

Mais, pour obtenir ce résultat, il fallait rester