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Quiros de Ayala et père nourricier de doña Dolorès.

Un triste pressentiment serra douloureusement le cœur du capitaine en apercevant le digne homme ; sans lui adresser une parole, il l’entraîna dans sa cabine, où il s’enferma avec lui.

Le pêcheur, aussitôt son passager monté à bord du brick, avait largué son amarre, hissé sa voile et mis le cap sur la terre, sans rien réclamer. Cette conduite avait semblé assez singulière à l’équipage, mais elle fut en partie expliquée quand on s’aperçut qu’avant de prendre ainsi congé à la française, comme disent les Espagnols, il avait déposé une valise assez lourde dans les porte-haubans du grand mât, valise que maître Caïman s’était empressé, crainte de malheur, de faire mettre sur le pont.

Les nouvelles apportées par Fernan Nuñez quoique mauvaises, ne l’étaient cependant pas autant que le capitaine l’avait redouté.

Nous les résumerons en quelques mots.

La protection accordée à don Diego Quiros par le gouvernement français n’avait eu pour lui, à Lima, d’autre résultat que celui de le rendre suspect aux autorités espagnoles, les plus ombrageuses qui soient au monde, et dont, en ce moment, les craintes étaient éveillées plus que jamais sur les agissements révolutionnaires.

De suspect à passer espion il n’y a qu’un pas ; ce pas fut aussitôt franchi par les autorités espagnoles, grâce aux machinations sourdes de l’ex-associé de don Diego Quiros, qui, naturellement, avait le plus grand intérêt à se débarrasser de son ancien co-propriétaire, afin de ne pas être con-