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ture, il le conduisit tout droit chez le lord lieutenant du comté.

Deux heures plus tard, les faits étaient connus dans toute la ville, les pirates débarqués et livrés à la justice anglaise ; le capitaine Olivier Madray devenait le lion de la riche cité.

L’enthousiasme était au comble, le courage et la loyauté du jeune capitaine portés aux nues ; les autorités de la ville l’avaient chaleureusement remercié et félicité de sa conduite et du service éminent qu’il avait rendu au commerce anglais en délivrant les mers du Nord du bandit qui depuis longtemps en était la terreur et que personne n’avait réussi à vaincre.

Il n’aurait tenu qu’à Olivier de passer son temps en fêtes continuelles ; de toutes parts il lui arrivait des invitations, l’engouement était général ; mais le capitaine préféra faire ses affaires.

Une commission fut nommée ; les capitaines et les passagers dépouillés par le pirate retrouvèrent, à peu de chose près la totalité de ce qui leur avait été volé ; le reste du chargement de la Chimère, et le bâtiment lui-même, demeurèrent la propriété du corsaire et de son équipage cela était de droit.

Le surlendemain de l’arrivée du Hasard eut lieu une cérémonie imposante : les trois corsaires tués pendant le combat contre la Chimère furent enterrés dans le cimetière catholique.

Les autorités anglaises se firent représenter à cette cérémonie, où elles envoyèrent un détachement de soldats de marine. La ville presque tout entière tint à honneur de se joindre au convoi des trois pauvres matelots, qui furent ainsi accompa-