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Ivon Lebris, lui aussi, avait reconnu la famille Quiros ; il l’avait accueillie avec la plus grande courtoisie, et l’avait tout d’abord installée dans l’appartement même du capitaine, où il avait fait aussitôt servir des rafraîchissements.

Puis, ce devoir hospitalier rempli, le jeune officier laissa les amis de son matelot en compagnie de M. Maraval et retourna sur le pont, où sa présence était indispensable.

Nos quatre personnages eurent alors entre eux une conversation fort intéressante. Tout d’abord, ils se félicitèrent du hasard qui les réunissait une fois encore avant une séparation fort longue, selon toutes probabilités, sinon éternelle.

Bientôt, au balancement régulier du navire, M. Maraval reconnut que le corsaire avait éventé ses voiles et remis le cap en route en effet, presqu’au même instant, Olivier entra dans la cabine.

— Maintenant, me voici tout à vous, dit le jeune marin en tendant la main au señor Quiros ; laissez-moi vous répéter une fois encore combien je suis heureux de vous revoir après une aussi longue séparation.

— Que vous n’avez rien fait pour abréger, monsieur, mon grand ami, dit doña Dolorès en le menaçant de son doigt rose avec une de ces moues mutines qui la rendaient si ravissante.

— Ne me grondez pas, niña, reprit Olivier en souriant, c’est bien contre mon gré que je suis resté si longtemps sans vous donner de mes nouvelles.

Don Diego sourit avec bonhomie.

— À quoi bon vous excuser, mon ami, et vous préoccuper de ce qu’il plaît à cette taquine enfant