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Un frisson de joie parcourut les rangs des matelots rassemblés sur les passavants, et qui écoutaient attentivement cette conversation, faite à travers l’espace.

— C’est bien, maître, répondit Olivier ; continuez à vous tenir dans mon sillage.

— Oui, capitaine.

La baleinière revenait à bord, amenant les prisonniers ; ceux-ci furent mis aux fers auprès de leurs anciens compagnons ; puis, l’embarcation hissée sur ses pistolets, le Hasard éventa ses voiles et reprit sa marche, suivi à demi-portée de canon par la Chimère.

Nous avons dit que le capitaine Olivier avait expédié deux baleinières portant trente hommes armés, commandés par M. Mauclère, le deuxième lieutenant du Hasard, avec ordre de s’assurer du trois-mâts la Yung-Frau.

Cet ordre avait été ponctuellement exécuté ; M. Mauclère, bien que jeune d’âge, était déjà un vieux marin, sachant sur le bout du doigt ce qu’il avait à faire.

Il s’approcha avec prudence du navire suspect, gouvernant de façon à ne s’exposer que le moins possible aux boulets et aux balles qu’on tenterait de lui adresser : le trois-mâts portait six petits canons, dont on voyait les gueules s’avancer menaçantes en dehors des sabords percés sur la lisse du pont.

Les deux baleinières se séparèrent et manœuvrèrent de manière à accoster le navire à la fois par tribord et par bâbord.

Mais bientôt M. Mauclère s’aperçut que le trois-mâts embardait considérablement d’un bord