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si cela continuait ainsi, ils étaient en passe de devenir tous millionnaires ; aussi ils élevaient aux nues l’habileté et surtout le courage de leur capitaine ; ils le connaissaient maintenant ; ils savaient ce dont il était capable, et ils étaient heureux de servir sous un tel chef.

Le premier soin du capitaine, après avoir fait ensevelir et déposer les morts dans une chapelle ardente, en attendant leur inhumation dans le cimetière catholique de Southampton, fut de rendre visite aux blessés couchés à l’avant, dans l’hôpital.

Là, il fut reçut par le major Arrault, son aide, et ses infirmiers. Olivier s’assura que les blessures de ces braves gens étaient légères, que dans quelques jours ils seraient en état de reprendre leur service ; puis il se retira après leur avoir adressé quelques mots de consolation, ce qui porta au comble la joie des dignes marins, Bretons pour la plupart, fort religieux, et que la pensée de faire reposer en terre sainte leurs camarades morts avait remplis de reconnaissance pour leur capitaine.

Ce devoir accompli, tandis que Lebris et maître Caïman faisaient tout rétablir à bord dans son état primitif, Olivier se retira dans sa cabine, afin de faire disparaitre, en changeant de vêtements, les traces sanglantes laissées par le combat sur sa personne.

Dix minutes plus tard, il remonta sur le pont, où il rencontra M. Maraval, causant, le cigare aux lèvres, avec notre ami Ivon Lebris.

Les deux hommes se frottaient joyeusement les mains.