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trompait pas ; on aperçut un canot chargé de monde et faisant force de rames pour s’éloigner du bâtiment chassé.

Olivier ordonna aussitôt de brasser carré le grand hunier et de carguer la grand’voile, afin de mettre en panne ; puis deux baleinières furent descendues à l’eau avec chacune son équipage de quinze hommes, bien armés, placés sous le commandement du deuxième lieutenant. Sur l’ordre du capitaine, les deux baleinières se dirigèrent vers le navire abandonné.

Le Hasard reprit alors sa route, mais en mettant le cap sur le canot étranger.

Sur l’ordre d’Olivier, Ivon Lebris pointa lui-même le canon à pivot, et un boulet passant pardessus les fugitifs vint tomber à deux brasses en avant d’eux.

Ceux-ci comprirent alors qu’un second boulet les coulerait, et comme, en somme, si misérables qu’ils fussent, ils tenaient à la vie, ils laissèrent arriver, et, dix minutes plus tard, ils se trouvèrent sous la hanche de tribord du corsaire.

Ils saisirent l’amarre qu’on leur jeta, et ils montèrent à bord la tête basse.

Ils étaient au nombre de vingt.

Après avoir été minutieusement visité, le canot fut amarré à l’arrière du corsaire.

Les vingt pirates allèrent rejoindre aux fers ceux de leurs camarades arrêtés avant eux.