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service rendu au commerce de tous les pays que de mettre un terme aux rapines de ce misérable.

— Je vous remercie de ces renseignements, mon cher Jose, répondit en riant le capitaine ; si vous n’êtes pas trop pressé de débarquer, peut-être vous procurerai-je la satisfaction d’assister à un joli combat naval entre un loyal corsaire et un pirate.

— Pardieu ! mon ami, devrais-je ne débarquer que dans un mois, sur l’honneur ! je serais charmé d’assister à pareille fête

– Eh bien soyez tranquille ! j’espère qu’avant peu vos souhaits seront accomplis.

Le capitaine Olivier convoqua alors ses officiers, ainsi que le maître d’équipage, dans la chambre du conseil ; la délibération fut courte, elle ne se prolongea pas au delà de dix minutes.

Puis, d’après ce qui avait été résolu, on s’occupa activement à faire la toilette du navire.

Ceci demande explication.

Le capitaine, ainsi que nous l’avons dit, tenait le Hasard comme le sont tous les bâtiments de guerre : les manœuvres s’exécutaient avec un ensemble et une célérité admirables ; son gréement, ses voiles étaient tenus avec une propreté méticuleuse qui lui donnait une allure militaire ; il battait flamme à la pomme de son grand mât, comme les navires de guerre, et, jusqu’à un certain point, il en était un. Il s’agissait de déguiser le bâtiment et de le faire extérieurement ressembler, autant que possible, à un navire charbonnier ou à l’un de ces nombreux côtiers qui rôdent de port en port, en faisant un commerce plus ou moins interlope.

Ce n’était pas chose facile à réussir.