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qui finit toujours, quoi qu’on fasse, par les vicier et les fausser. La simplicité des uns, l’avarice des autres, devaient, à un moment donné, amener une catastrophe ; ce fut ce qui ne tarda pas à arriver. La plupart des nombreux émigrants que l’espoir d’un gain facile poussait en Amérique ne comprirent pas, ou, ce qui est plus vrai, ne voulurent pas comprendre les droits, cependant indiscutables et sacrés, des Indiens. Venus en mendiants en Amérique, et mourant presque de faim, ne pouvant rien acheter, puisqu’ils manquaient de tout, ils prétendirent dicter des lois, s’emparer de vive force des terres qu’ils convoitaient et s’y maintenir, envers et contre tous, le fusil à la main.

Les Indiens, poussés à bout par ces injustes prétentions que rien ne justifiait à leurs yeux, résistèrent. Cette mauvaise foi calculée les indignait. Ils opposèrent la force à la force. Alors une guerre de ruses, d’embûches et de trahisons commença entre les Indiens iniquement dépossédés et les blancs qui prétendaient les dépouiller.

Cette guerre se continue encore aujourd’hui, aussi furieuse et aussi acharnée des deux parts ; elle durera jusqu’à l’extinction complète de cette race rouge, si généreuse et si noble, et que l’on prétend faire disparaître complétement du territoire des États-Unis ; triste remerciement des innombrables services rendus par les Indiens aux pèlerins de Plymouth.

Ces émigrants, flétris du nom générique de squatters, sont pour la plupart d’origine tudesque, race qui ne reconnaît d’autre droit que la force et prétend que la possession vaut tous les titres les mieux libellés.