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CHAPITRE VII

DANS LEQUEL OLIVIER TERMINE ENFIN SON RÉCIT.


Depuis que les colonies anglaises du Nord-Amérique ont si vaillamment conquis leur indépendance, et formé une république fédérale dont la richesse, l’importance politique grandissent chaque jour, les nouveaux affranchis, hommes pratiques par excellence, comprenant que la prospérité des États repose principalement sur l’agriculture et l’industrie, source de tous biens, se sont voués résolument à la culture de leur vaste territoire demeuré improductif, de parti pris, pendant toute la durée de la domination anglaise. Ces immenses forêts vierges, dont la végétation est si puissante, devaient être en effet pour les Américains une source d’inépuisables richesses.

Malheureusement, la population des anciennes colonies anglaises est loin de se trouver en rapport avec l’étendue des contrées qu’elles possèdent ; les bras leur font défaut. Les côtes seules sont habitées, l’intérieur est couvert d’impénétrables forêts, où jamais n’a retenti la hache du pionnier, et dont seuls quelques hardis chasseurs, entrainés à la poursuite du gibier, ont foulé, en hésitant, les routes ignorées, tracées