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ans naviguait avec le capitaine, et ne l’aurait pas quitté pour prendre le commandement d’un vaisseau de haut bord, tous les autres officiers étaient nouveaux.

Enfin, les voiles furent larguées, et la Polly descendit la Clyde.

Ce fut pendant ce long voyage que j’appris l’espagnol et le portugais ; pendant notre cabotage dans la Méditerranée, j’avais appris l’italien et la langue franque, qui se parle sur tout le littoral du Levant ; je ne compte pas l’anglais, que j’apprenais presque sans m’en apercevoir.

De Rio-Janeiro, la Polly fut frétée pour les Indes orientales.

Je devenais petit à petit polyglotte, ce qui ne m’empêchait pas de continuer assidûment mes études maritimes ; cela me devenait d’autant plus facile, que j’étais maintenant attaché à la timonerie.

Pendant nos trajets multipliés, la Polly, sans même s’en apercevoir, fit le tour complet du globe, puisqu’elle relâcha à Simoun’s-bay et à Table-bay, après avoir doublé le cap Horn.

Notre navire visita ainsi successivement la Nouvelle-Zélande, Taïti, les îles Pomotou, les îles Marquises, la Polynésie presque tout entière, Sydney dans le Port Jackson, la Nouvelle-Galle du Sud, Hobartown dans la Terre de Van-Diémen, tout en commerçant et pratiquant des échanges ; puis la Polly revint sur les côtes américaines.

Les colonies espagnoles commençaient à s’agiter sourdement ; les créoles hispano-américains et les Indiens se préparaient silencieusement à un soulèvement général : nous chargions, dans les