Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/178

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ordinaire dont je suis doué pour apprendre les langues étrangères.

À peine mouillé, le capitaine débarqua et m’ordonna de le suivre à Glascow.

Pendant les six mois que le bâtiment resta dans le port, le capitaine me fit suivre un cours de science nautique et de mathématique appliquées à la marine.

Je logeais chez le capitaine ; j’étais traité par sa femme et ses enfants comme si j’eusse réellement fait partie de sa famille.

C’est au capitaine Griniths que je dois d’être devenu un homme, dans la juste acception du mot, et un bon marin ; aussi ma reconnaissance pour lui sera-t-elle éternelle.

Enfin, après six mois de séjour à terre, je me rembarquai ; la Polly était frétée pour Rio-Janeiro.

J’avais beaucoup grandi j’étais devenu très-vigoureux, très-leste et très-adroit ; je paraissais beaucoup plus que mon âge. Cette fois je ne fus plus mousse, mais novice, et attaché à la timonerie en qualité de pilotin.

À deux ou trois exceptions près, l’équipage était le même ; le capitaine Griffiths n’aimait pas les nouveaux visages ; du reste, les matelots préféraient naviguer avec lui qu’avec d’autres capitaines ; la nourriture était meilleure, les appointements plus forts, et la discipline du bord, bien que sévère, beaucoup plus douce que sur les autres bâtiments anglais.

Toutes ces raisons étaient plus que suffisantes pour que la Polly eût toujours d’excellents matelots.

Excepté le master, ou second, qui depuis quinze