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priétaire, ce qui, à mon avis, aurait tout terminé. Voilà tout ce que je sais sur cette affaire.

— Malheureusement, don Diego Quiros ne suivit pas votre conseil, mon ami ; aujourd’hui les colonies espagnoles sont en pleine révolte don Estremo Montès, pensant ne plus avoir rien à redouter des Espagnols, s’est déclaré seul propriétaire des mines d’argent du Cerro de Pasco ; il soutient que don Diego Quiros lui a vendu sa part, qu’il lui a soldée argent comptant, et il refuse péremptoirement de payer aucune des sommes que lui réclame son ex-associé.

— C’est un vol manifeste !

— D’accord mais qu’y faire ? L’Espagne perd chaque jour du terrain en Amérique ; bientôt elle sera, par la force des choses, contrainte de reconnaître l’indépendance de ses anciennes colonies, et don Diego Quiros de Ayala sera ruiné, sans recours possible d’aucune sorte.

— Hélas ! c’est vrai. Oh ! si jamais…

— Attendez, interrompit en souriant M. Maraval : dans toutes les questions il y a deux faces ; je vous ai fait voir la plus sombre, je vais maintenant vous montrer l’autre.

— Voyons, voyons reprit Olivier, Dieu veuille qu’il reste un espoir, si léger qu’il soit.

— Mieux que cela, nous avons une certitude.

— De succès ?

— Pardieu !

— Oh ! oh ! dites vite, mon ami, j’ai hâte de savoir ?

— Connaissez-vous la République d’Andorre ?

— Au diable ! quelle question m’adressez-vous là ? s’écria Olivier en bondissant sur sa chaise.