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Don Diego Quiros de Ayala est, vous le savez, propriétaire, de compte à demi avec un certain don Estremo Montès, d’un grand nombre de riches mines d’argent, situées dans la Cordilière, près du village d’Obrajil, à vingt-cinq ou trente lieues environ de Lima, la capitale de la vice-royauté du Pérou.

— Je sais cela, mon ami ; ces mines composent même le plus clair des revenus et, par conséquent, de la fortune de don Diego Quiros de Ayala. C’est au Cerro de Pasco même, la localité où sont situées ces mines, que, pour la première fois, j’ai rencontré don Diego, et que je me suis lié avec lui ; le climat de ces contrées est d’une rigueur et d’une bizarrerie extrêmes : le matin il y a trente degrés au-dessous de zéro, le froid est insupportable ; à midi, la chaleur est si intense, que l’on prend des glaces et des sorbets, comme on le ferait à Lima ; le soir, le froid reprend de plus belle. Les Indiens seuls résistent à ces variations presque subites du temps, et Dieu sait à quel prix ! Donc don Diego Quiros, attaqué d’une maladie lente, et reconnaissant que le climat s’opposait à ce qu’il demeurât plus longtemps au Cerro de Pasco, résolut de retourner à Lima au plus vite, ne voulant pas mourir dans cet effroyable pays. Je me souviens qu’il fit un compromis avec don Estremo Montès, son co-propriétaire ; compromis à la suite duquel il quitta le Cerro de Pasco, revint à Lima, et de là, quelques mois plus tard, s’embarqua pour l’Espagne, sur un navire nolisé par lui au Callao. Don Diego Quiros avait résolu de se fixer définitivement en Andalousie ; j’avais même engagé don Diego Quiros à vendre sa part à son co-pro-