Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/110

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Oui, elles ont été achetées tout exprès, répondit don Jose.

— Alors, messieurs, ne perdons pas de temps, s’il vous plait ; comptez les pas et chargez les armes.

— Pendant ce temps, je vous dirai les quelques mots convenus, monsieur, reprit Olivier.

— Je suis à vos ordres, monsieur.

Olivier et le comte de Salviat, après avoir en quelques mots mis les témoins au courant de cette condition du duel, se retirèrent un peu en arrière.

— Que désirez-vous me dire, monsieur ? demanda le comte d’une voix goguenarde.

— Simplement ceci, monsieur, répondit Olivier avec un accent glacé. Veuillez répéter à la duchesse ces paroles textuelles :

– Quelle duchesse ? interrompit-il avec une légère rougeur.

— Votre rougeur vous trahit, monsieur ; oui ou non, répéterez-vous mes paroles ? si vous refusez, plus de combat, et je vous démasque.

— Je les répéterai, dit-il avec une rage contenue ; mais auparavant je vous tuerai.

— Qui sait ? dit-il en haussant les épaules ; mais d’abord écoutez-moi.

— Je vous écoute.

— Vous direz à la duchesse ces paroles textuelles : « À quoi a-t-il servi d’abandonner, une heure après sa naissance, l’enfant qu’il était si facile d’étouffer dans son sein ? Était-ce donc dans l’intention de le faire assassiner plus tard ? L’amour d’une grande dame est-il donc plus cruel que celui d’une louve ? »