Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/451

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Oh ! ils ne me tiennent pas encore ! répondit le Cèdre-Rouge en saisissant dans ses bras nerveux sa fille qui était accourue au premier bruit et se pressait tremblante à ses côtés.

Les trois bandits disparurent dans les profondeurs du souterrain.

Andrès bondit comme poussé par un ressort et s’élança à leur poursuite, suivi par une vingtaine de guerriers comanches et apaches qui l’avaient rejoint et en tête desquels se trouvaient l’Unicorne, le Chat-Noir et l’Araignée.

Bientôt ils entendirent, répercuté par les échos de la grotte, le crépitement de la fusillade.

La lutte était engagée.

Le Cèdre-Rouge s’était trouvé face à face avec Valentin et ses compagnons en essayant de fuir par une issue qu’il ne croyait pas gardée.

Il se rejeta brusquement en arrière, mais il avait été aperçu, et la fusillade avait immédiatement commencé.

C’était un combat terrible que celui qui allait se livrer sous les voûtes sombres de cette vaste grotte. Ces ennemis implacables, enfin en présence, ne devaient attendre aucune merci les uns des autres.

Cependant le Cèdre-Rouge ne se décourageait pas. Tout en répondant vigoureusement aux coups de feu de ses adversaires, il regardait incessamment autour de lui afin de découvrir une issue nouvelle.

L’obscurité complète qui régnait dans la grotte venait en aide aux bandits qui, grâce à leur petit nombre, s’abritaient derrière des quartiers de roc et évitaient les balles, tandis que leurs coups, tirés dans la masse compacte des ennemis qui se pressaient autour d’eux, portaient presque tous.