Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/436

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Eh bien ? lui demanda don Pablo.

— Venez, répondit laconiquement le gambucino.

Ils le suivirent.

Il les conduisit par un sentier des plus abrupts où ils étaient forcés de ramper sur les mains et sur les genoux afin de ne pas rouler dans les précipices.

Après une ascension assez longue faite avec des difficultés inouïes, le gambucino se redressa en faisant signe à ses compagnons de l’imiter.

Ceux-ci ne se firent pas répéter l’invitation : ils étaient rompus.

Ils se trouvaient alors sur une plate-forme semblable à celle qu’ils avaient quittée précédemment ; cette plate-forme, de même que l’autre, était dominée par un immense rocher, seulement ce rocher avait une énorme ouverture en gueule de four, et, chose étrange, à une distance énorme, au fond de cette ouverture, scintillait une lueur grande comme une étoile.

— Voyez ! dit le gambucino.

— Oh ! oh ! qu’est cela ? murmura don Pablo avec étonnement.

— Aurions-nous trouvé ce que nous cherchons ? s’écria la Gazelle blanche en joignant les mains.

— Silence ! fit Andrès Garote en lui mettant la main sur la bouche ; et d’une voix faible comme un souffle : Nous sommes à l’entrée d’une caverne, ces conduits souterrains sont d’excellents conducteurs du son ; le Cèdre-Rouge a l’ouïe fine ; quelque éloigné qu’il soit de nous en ce moment, craignez qu’il nous entende.

Ils regardèrent pendant assez longtemps cette lueur tremblotante, point infime dans l’obscurité qui sem-